L'idée que ça n'en finirait jamais, qu'il y aurait toujours une possibilité pour la ligne de se former, de s'en aller au-devant d'elle-même, comme un lasso, comme les antennes d'un insecte hyperactif, l'idée qu'en même temps toute cette agitation soit comme une sieste profonde de plein été, et que les résultats n'en soient jamais pesants, qu'il y ait une puisance formatrice et une douceur penchée qui se versent l'une dans l'autre, qui s'écoutent, l'idée qu'il en aille avec elles comme de divinités tutélaires, l'idée en même temps, que cette fois, enfin, de toute tutelle l'homme s'est échappé et qu'il est dans les lumières et que c'est comme une grande nuit qui l'entoure et le protège, avec des divinités éteintes (pures découpes, jouets catalans) et des ampoules nues...
Miró, Jean-Christophe Bailly, extraits (in catalogue Bordas-Mirô).